Alzheimer : comment réagir face aux questions répétitives ?

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L’un des symptômes les plus récurrents de la maladie d’Alzheimer est la capacité du patient à répéter inlassablement les mêmes questions. Ce phénomène est épuisant pour l’entourage qui a parfois du mal conserver son calme.
Nous vous expliquons les raisons de ces interrogations obsessionnelles et comment réagir calmement, en vous préservant.

Pourquoi les patients Alzheimer ressassent-ils continuellement les mêmes questions ?

Il existe deux types de questions : les classiques et les répétitives.
Vous devez apprendre à faire la distinction entre les questions liées à la curiosité et les questions qui révèlent une angoisse sous-jacente.

Les questions classiques d’étonnement

Les questions de curiosité expriment un étonnement constamment renouvelé puisque la personne oublie la réponse que vous lui apportez. Elles sont naturellement fréquentes chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer qui empêche le patient de stocker les informations dans sa mémoire.

Les questions liées à l’angoisse

Le fait de perdre ses repères est très angoissant, même si vous avez l’impression que votre proche n’en a pas conscience. Dans ce cas, la question peut être répétée, même si la réponse a été provisoirement retenue, mais le patient a besoin d’entendre à nouveau la réponse pour se rassurer.
La personne ne cherche pas une information, elle exprime le besoin de calmer son angoisse.

Les problèmes de formulation

Vous devez aussi prendre en compte les problèmes de formulation. Le patient ne trouve plus ses mots, ce qui ajoute à sa détresse. Il a encore plus de mal à exprimer des émotions qui demandent une certaine agilité du cerveau, alors qu’il est lui-même très confus dans ses sentiments.

Comment faire face à ces questions répétitives ?

  • Comprendre l’objet de la question

Votre premier travail consiste à comprendre le sens de la question et c’est plus compliqué qu’il n’y paraît. Pour la question « Quand reviens-tu ? » par exemple, outre l’objet informatif, la question peut trahir la peur de l’abandon et que vous ne reveniez plus jamais. Elle peut aussi être liée à un problème de logistique : la personne a besoin de vous pour l’aider dans une tâche du quotidien et elle s’inquiète de votre présence, car sans vous, elle sait qu’elle n’y arrivera pas.
Il se peut aussi que cette question soit posée, car ce sont les seuls mots mis à disposition par son cerveau à ce moment-là. Elle comble le vide, mais n’attend pas vraiment de réponse.
Vous devez observer tous les signes corporels qui accompagnent la question pour comprendre son objet et savoir si la personne attend ou non une réponse. Vous devez aussi vous interroger sur le moment de l’apparition de cette question et sur sa concomitance avec un changement dans sa vie. Tout écart dans la routine peut provoquer des séismes, tant les habitudes rassurent lorsque l’on perd ses repères.

  • Apporter la « bonne » réponse

Il n’y a jamais de bonne réponse, mais il en est de meilleures que d’autres. Si vous comprenez mieux l’objet de la question, vous saurez mieux y répondre. Dans tous les cas, il faut toujours répondre, car sinon, c’est lui qui risque de s’énerver.
Si votre proche est juste angoissé, tâchez de trouver une diversion qui va le rassurer. Les occupations manuelles sont très efficaces.

  • Garder son calme

C’est bien sûr plus facile à dire qu’à faire, mais il est impératif de toujours garder son calme. Si vous vous énervez, c’est tout à fait compréhensible pour une personne sensée, mais pas du tout pour quelqu’un qui oublie au fur et à mesure. Si vous semblez agacé, vous faites monter l’angoisse d’un cran. La personne va alors répéter encore plus frénétiquement ses questions et vous entrez dans un cercle vicieux inextricable.

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