Le congé de proche aidant rémunéré à partir d’octobre 2020

Congé proche aidant

1 Français sur 5 était en 2019 aidant familial, soit environ 11 millions de personnes. Être aidant, c’est soutenir quotidiennement un proche dépendant en raison de son âge, d’un handicap ou d’une maladie. Depuis plusieurs années, un congé de proche aidant existe. Celui-ci, accessible sous conditions et pour une durée limitée, offre la possibilité de s’occuper d’une personne handicapée ou faisant l’objet d’une perte d’autonomie sévère. Ce congé de proche aidant, jusqu’alors non rémunéré, pourrait très bientôt l’être. Explications.

Les aidants face à une situation quotidienne complexe

Les Français sont de plus en plus nombreux à accompagner au quotidien un proche en perte d’autonomie. On les appelle : les aidants. Ils soutiennent et interviennent de manière régulière et fréquente à titre non-professionnel, pour accomplir tout ou une partie des actes ou des activités de la vie quotidienne d’une personne dépendante. Il peut s’agir :

- Des gestes de la vie quotidienne comme l’aide au lever, au coucher, à l’habillement, à l’hygiène, aux repas…

- De l’entretien du logement de la personne aidée et de son extérieur : ménage, repassage, lessive, petits travaux d’entretien, jardinage, etc.

- Des courses et de l’accompagnement à l’extérieur : rendez-vous médicaux, courses alimentaires, pharmacie, etc.

- De la gestion administrative et financière : établissement de chèques, paiement des factures, déclaration des impôts, etc.

- De la coordination des soins entre les différents intervenants médicaux

- De la surveillance nocturne.

Ce statut d’aidant n’est pas sans conséquence sur la vie personnelle. Certains aidants sont en grande détresse et à bout physiquement et moralement, notamment après la crise sanitaire liée au coronavirus (COVID-19). D’autres peuvent aller jusqu’à négliger leur propre santé et se replier sur eux-mêmes, d’où la nécessité d’agir.

Qu’est-ce que le congé de proche aidant ?

Un congé de proche aidant a été instauré en 2017. Celui-ci permet de cesser temporairement son activité professionnelle pour s’occuper d’une personne handicapée, en fin de vie ou faisant l’objet d’une perte d’autonomie d’une particulière gravité.

Actuellement, les aidants ont la possibilité de prendre ce congé pour s’occuper de leur proche, pendant 3 mois maximum, fractionnable. Néanmoins, ce « temps de répit » n’est pas rémunéré, ce qui n’incite pas les Français à demander à en bénéficier.

Le congé de proche aidant bientôt rémunéré

Un nouveau droit sera accordé aux aidants dès octobre 2020. C’est en tout cas ce qu’a affirmé en juillet Brigitte Bourguignon, ministre de l’Autonomie. En effet, il est désormais prévu que le congé de proche aidant de 3 mois soit rémunéré à hauteur de 43,52 € par jour pour un aidant vivant en couple et de 52 € pour une personne seule. Le versement devrait être effectué par les Caisses d’allocation familiale (CAF) et les caisses de Mutualité sociale agricole (MSA), et même ouvrir des droits à la retraite.

Le Président Emmanuel Macron est venu confirmer ces dires début août à Toulon en affirmant que le congé de proche aidant serait « pleinement mis en place à partir d’octobre ». Il a ajouté : « Je souhaite que l’on reconnaisse le rôle des bénévoles, l’engagement de toute une partie de la société, qui en complément (des professionnels) va apporter du temps, de la générosité, et le rôle des familles, des aidants ».

Ce congé, aussi assimilé à une prime ou une allocation, pourra être accordé aux proches aidants salariés, quelle que soit leur ancienneté, ainsi qu’aux indépendants et aux fonctionnaires. Un décret d’application doit encore venir fixer les conditions précises et confirmer le montant de cette indemnisation, pour entrer en vigueur en octobre 2020. Cette mesure est en tout cas très attendue. Elle devrait permettre aux aidants de mieux concilier vie professionnelle et vie personnelle et de davantage prendre soin de leur santé.

Accompagner une personne en situation de dépendance est parfois synonyme d’une grande détresse pour les proches aidants. Si c’est votre cas, n’attendez pas d’être dans une situation d’épuisement moral et/ou physique pour trouver des alternatives vous permettant de bénéficier de périodes de répit. Vous pouvez également solliciter l’aide d’autres proches ou de professionnels du maintien à domicile.

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