Nos amis les chiens-guides

Nos amis les chiens-guides

Formidable compagnon de route et même de vie, les chiens-guides participent activement à l’amélioration de la mobilité des personnes malvoyantes ou aveugles. Cet accompagnement quotidien est possible grâce à l’éducation de chiens-guides d’aveugles par des écoles spécialisées. Un travail de longue haleine qui permet au chien-guide de devenir une véritable aide dans les déplacements pour les personnes en situation de handicap visuel. De plus le chien-guide endosse un rôle social de par l’affection de la population à son égard. Ainsi, il va aider à créer plus facilement le contact et faire tomber les barrières (timidité, gêne, maladresse, etc). Cette aide précieuse est le résultat d’un travail long et minutieux afin de mettre le futur chien-guide dans les meilleures dispositions. 

Etape 1 : le choix du chien

De nombreuses écoles en France s’occupent de l’éducation des futurs chiens-guides avec pour objectif de mettre à disposition des personnes déficientes visuelles un chien-guide qui correspond à ses besoins. En France les races de chiens plébiscitées sont le labrador, le golden retriever, le caniche royal et les bergers allemands.

L’association des Chiens Guides du Grand Est, basée à Woippy (57), a choisi de ne travailler qu’avec les labradors. « En France le labrador jouit d’une bonne réputation et est apprécié de la population, bien qu’il ne soit pas le plus facile à éduquer. Cependant, il a d’autres avantages comme sa robustesse par exemple. Il est également très vite mature, et est très gourmand ce qui nous permet une éducation positive, à la récompense (gustative ou caresses). Dans d’autres pays on éduque des rottweilers, qui en France souffrent d’une mauvaise image », explique Jennifer KERN chargée de communication de la structure. Nous comprenons donc que le choix de la race du chien est déterminant afin que celui-ci puisse apprendre puis exercer le mieux possible sa future fonction de chien-guide.

Etape 2 : Le séjour en famille d’accueil

Dès le sevrage de l’animal, celui-ci sera confié à une famille d’accueil bénévole choisie au préalable par l’association. Le chien restera dans la famille d’accueil entre 8 et 10 mois au cours desquels un dresseur professionnel effectuera un suivi régulier de l’animal et accompagnera la famille d’accueil dans sa mission.

La famille d’accueil aura pour mission d’acclimater le chien à l’environnement urbain ou rural en le confrontant aux routes, trottoirs et autres obstacles, tout en lui inculquant l’obéissance. Ainsi, l’animal restera chez ses hôtes, le temps nécessaire, afin de le sociabiliser. Le rôle de la famille d’accueil est central, puisque c’est elle qui va pré-éduquer le futur chien-guide.

Pour accueillir un futur chien-guide dans son foyer, la famille d’accueil devra déposer un dossier de candidature auprès des associations de chiens-guides. Celles-ci sélectionneront les familles d’accueil selon divers critères, dont le degré d’engagement et d’accord avec les valeurs de l’association. Pour les familles sélectionnées aucun frais n’est à prévoir car toutes les dépenses sont prises en charge par l’établissement formateur. Aussi, cet engagement se fait sur la base du bénévolat et aucune rémunération n’est versée aux hôtes.

Etapes 3 : La formation du chien-guide

Vient ensuite le retour au centre de formation, après la phase de pré-éducation passée en famille d’accueil. Le futur chien-guide va suivre une formation de 8 à 10 mois en compagnie d’éducateurs. Un travail long et minutieux sur le comportement de l’animal qui nécessite un dressage en trois stades :

    • L’initiation : L’éducateur commence par montrer au chien les postures qu’il doit adopter au guidage. A chaque obstacle descendant (marche, bordure de trottoir), l’éducateur demande au chien de s’asseoir, à chaque obstacle montant, il lui fait marquer un arrêt. Le chien apprendra les différents mots qu’utilisera le maître : les lignes (passage piéton), à gauche, à droite, demi-tour, la porte, le siège, le distributeur, le composteur, etc.
    • L’initiative : petit à petit, le jeune chien développera son esprit d’initiative. Il se mettra assis sans ordre devant une marche par exemple. C’est donc le moment de lui passer le harnais, qui sera son futur uniforme. C’est à travers ce harnais que le propriétaire du chien pourra sentir les différents changements de directions. Notons qu’il ne faut jamais
      divertir un chien-guide qui porte son harnais, au risque de le perturber dans son travail et de mettre en danger son maître.
    • Le renforcement : Lorsque le chien a bien assimilé les attentes des éducateurs, ceux-ci vont tenter de mettre à défaut l’animal afin qu’il soit capable de désobéir à des ordres qu’il sait dangereux pour son maître. Ainsi, les dresseurs vont tenter de détourner la trajectoire du chien, le faire traverser quand il ne faut pas, etc. afin de développer chez lui une forme « d’esprit critique » pour l’évitement des risques même lorsque son maître lui indique le contraire.

Exemple : le maître décide de traverser car il n’entend pas les voitures, le feu est donc  vert pour lui. Il donne l’ordre au chien d’avancer. Si à ce moment-là un vélo passe, le chien-guide doit se mettre en barrage pour empêcher son maître d’avancer.

A la suite de ce travail pointilleux effectué avec l’élève chien-guide, celui-ci sera confié à une personne en situation de déficience visuelle qui en aura fait la demande auprès des associations de chiens-guides. La demande se fait via un dossier de candidature.

Pendant le traitement du dossier, l’association détermine si le besoin d’un chien-guide est réel et motivé. Puis dans un deuxième temps, elle étudie le profil du futur maitre afin de mettre à sa disposition l’animal qui répondra au mieux à ses besoins. Avant de se voir remettre le chien-guide, le demandeur bénéficie d’une formation avec un instructeur de locomotion. Ce dernier lui apprendra à se déplacer seul en sécurité : se repérer au bruit, gérer un carrefour dangereux, travailler son sens de l’orientation, etc. Il est nécessaire d’être autonome dans ses déplacements pour pouvoir bénéficier d’un chien-guide.

Une fois que le chien est remis à son nouveau maître il deviendra officiellement un chien-guide. La carrière d’un chien-guide est de 7 ans, vers ses 9 ans l’animal part à la retraite et est ainsi soit cédé définitivement à son maître soit mis à l’adoption si le maître ne peut le garder. L’association reste propriétaire du chien et suit l’animal tout au long de sa carrière de chien-guide afin de vérifier le bien être du chien, et du maître.

 

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