Interview d’une coach pour personnes handicapées

Interview de Maryline Lorne, coach pour personnes handicapées

Maryline Lorne, une auto-entrepreneuse abracadabrante !

Ancienne secrétaire comptable, Maryline Lorne, s’est reconvertie cette année en auto-entrepreneuse. A travers, Abrascasdeuxbras, société qu’elle a créée, elle propose du coaching à domicile pour les personnes handicapées d’un membre supérieur. Maman de trois enfants malgré son handicap, elle a souhaité aujourd’hui rendre le quotidien des autres plus simple en leur apportant des méthodes et astuces pour effectuer tous les gestes de la vie quotidienne, en cas de handicap d’un membre supérieur. Nous la rencontrons aujourd’hui pour qu’elle nous livre ses motivations et son ressenti depuis le début de cette aventure.

1. Maryline, pouvez-vous nous décrire plus en détail votre activité ?

Je suis handicapée d’un membre supérieur depuis l’âge de 20 mois. J’ai 46 ans maintenant, j’ai donc acquis une solide expérience dans les alternatives et les méthodes à mettre en place pour pallier au handicap d’un membre supérieur.

J’ai créé le cabinet Abrascasdeuxbras qui a pour objectif de venir en aide aux personnes fragilisées d’un membre supérieur et qui ne savent pas comment s’y prendre pour effectuer à nouveau les gestes du quotidien avec leur seul membre supérieur valide.

J’ai mis en place différents modules avec la possibilité de profiter de conseils sur mesure et adaptés au type de lésion rencontrée. Chaque client à la possibilité de choisir parmi les divers modules comme :

  • Module hygiène (se coiffer, se maquiller, tenir une douche, une brosse à dent,…)
  • Module  cuisine (éplucher, couper, laver, essuyer…)
  • Module gestes du quotidien (coudre, tricoter, écrire, taper sur un clavier, lacer ses chaussures, s’habiller…)

Les champs d’applications sont vastes. Cela s’adresse à l’enfant comme aux seniors, en passant par l’adulte qui se retrouve en difficulté suite à une maladie, une malformation, une opération, ou, plus grave, une amputation.

2. Quelles ont été vos motivations premières ?

Le métier de coach pour personnes ayant un handicap d’un membre supérieur reste encore très méconnu.  Les gens sont méfiants devant de telles propositions de conseils.

Mes motivations se sont déclenchées lorsque j’ai constaté que dans plusieurs cas, les patients ne recevaient pas forcément les conseils les plus adaptés lorsqu’il se retrouvait dans une situation de handicap du jour au lendemain.

J’ai décidé de devenir coach indépendante plutôt que de pratiquer en tant qu’ergothérapeute car je souhaitais exercer librement avec mes propres connaissances et ne pas être limitée à exercer en fonction du contenu d’une formation.

3. Votre travail ne s’apparente-t-il pas à celui de l’ergothérapeute ? Sinon, en quoi est-il différent ?

Je ne me substitue pas à l’ergothérapeute comme certaines personnes pourraient le penser.

Mes conseils sont issus du vécu, je n’apporte qu’un complément à ce que l’ergothérapeute, éventuellement consulté auparavant, aurait pu mettre en place.

Je ne considère donc pas que les métiers soient semblables. Ils sont, je pense, plutôt complémentaires. En effet, bien que formés durant plusieurs années d’études, les ergothérapeutes ne peuvent apporter une réponse concrète à diverses questions posées par des personnes en situation de handicap d’un membre supérieur.

Pour ma part, il y a le vécu et la remise en question, chaque jour. Je suis dans l’obligation de trouver des solutions pour pouvoir exécuter un geste que d’autres font avec leurs deux membres.

Il n’existe pas de boite à outils magique ; personnellement, j’ai déjà l’expérience. La qualité du contact humain est également très importante. Il faut  être curieuse, aimer partager, ne pas avoir peur d’aller vers les gens.

4. Aujourd’hui, et depuis que vous vous êtes lancée, quel est votre ressenti quant aux attentes de vos clients ?

Il est bien évident que les débuts ont été difficiles car il faut que les personnes comprennent le but exact de ma démarche. Aujourd’hui, conseiller une personne en situation de handicap d’un membre supérieur en proposant des alternatives n’est pas chose facile. Les gens sont méfiants et parfois réticents à payer la consultation.

Pour ma part, je pense que ce concept va se développer, il faut laisser le temps aux personnes concernées de prendre conscience qu’il s’agit-là d’un concept de conseils complémentaires, et non régis par une équipe médicale.

De mon côté, j’espère  trouver des partenaires qui accepteront de travailler avec moi et surtout dans le même sens que moi.

 


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