Interview de Laëtitia Valentin, socio-esthéticienne

Interview de Laëtitia Valentin, socio-esthéticienne

Interview de Laëtitia Valentin, socio-esthéticienne

Exerçant un métier peu connu du grand public, une socio-esthéticienne œuvrent dans l’ombre pour améliorer le quotidien des personnes en situation de vulnérabilité. Nous sommes allés à la rencontre de Laëtitia Valentin, socio-esthéticienne

1. Pour commencer, pouvez-vous expliquer à nos lecteurs votre métier et ce qui le différencie de l’esthétisme traditionnel ?

La différence entre le métier et de socio-esthéticienne celui d’une esthéticienne habituelle repose sur notre habilitation à travailler avec un public spécifique. En effet, grâce à notre formation dispensée par le CODES, nous sommes en mesure de travailler avec un public précis, qui peut parfois être composé de personnes vulnérables. Cette formation est axée sur des notions qui ne relèvent plus du domaine de l’esthétique.

Ainsi, nous somme formés pour travailler dans 3 domaines différents : le domaine médical, social et carcéral. Notre spécialisation, reconnue par l’état, va nous permettre de travailler efficacement avec les bénéficiaires. Cette formation spécialisée permet d’ailleurs au socio-esthétisme d’être reconnu comme métier de la fonction hospitalière.

Aussi de par cette spécialisation, nous avons une vision et une approche différente du métier, notre rôle est plus social et l’aspect humain est mis en avant grâce notamment au côté sensoriel de notre tâche.

2. Quel est votre public, à qui s’adressent vos prestations ?

La formation de socio-esthéticienne nous permet d’évoluer dans 3 domaines différents, qui sont donc le monde médical, la sphère sociale et l’univers carcéral. Dans le domaine médical, une socio-esthéticienne est amenée à travailler dans différents services d’un hôpital, que ce soit la gériatrie, la cancérologie mais aussi les soins palliatifs, etc. En ce qui concerne la sphère sociale, nous travaillons principalement avec des personnes en recherche d’emploi ou en insertion professionnelle. Enfin, nous sommes aussi amenées à travailler dans les prisons auprès de femmes incarcérées.

Le fait est que nous travaillons principalement avec des femmes souffrantes ou fragilisées par une atteinte à leur intégrité physique, psychique ou en détresse sociale.

3. Quelles ont été les raisons de votre engagement en tant que socio-esthéticienne ?

J’ai suivi la voie de l’esthétisme dans le but de travailler comme maquilleuse, c’est d’ailleurs ce que j’ai fait durant plusieurs années. C’est ainsi que je me suis rendue compte de l’aspect humain du métier, notamment à travers la proximité que l’on a avec les personnes auxquelles nous dispensons nos services. Cette relation de proximité m’a poussée à me diriger vers le socio-esthétisme car j’avais une réelle volonté de donner un sens humain à mon métier.

4. Comment le socio-esthétisme contribue-t-il à améliorer le quotidien des personnes en situation de dépendance ?

Nous travaillons essentiellement en équipe avec différents corps de métier en fonction du type d’établissement dans lequel nous évoluons. Nous sommes donc amenés à travailler conjointement avec des infirmières, des psychologues, des éducateurs spécialisés, etc.  Ce travail collégial nous permet de définir clairement les besoins réels des bénéficiaires, ainsi nous pouvons y répondre plus efficacement.

Cette efficacité va se matérialiser par la valorisation de la personne et notre capacité à leur redonner confiance, de façon ludique au travers d’ateliers collectifs ou d’actions individuelles. Nous œuvrons donc afin de favoriser leur autonomie en développant leur estime de soi.

5. Comment votre rôle est-il perçu par les bénéficiaires du service, rencontrez-vous des difficultés ?

C’est souvent une découverte pour les personnes avec lesquelles nous travaillons, l’esthétisme était perçu comme une chose qui ne leur était pas destinée. Ainsi, dès qu’elles découvrent nos services, elles en sont ravies et apprécient beaucoup notre démarche. Elles nous réservent un très bon accueil, car elles considèrent notre intervention comme un moment privilégié où elles sont vraiment mises en avant. Notre unique but est de favoriser le bien-être des bénéficiaires, c’est peut-être pour cela que nous ne rencontrons que très peu de difficultés.

6. Quel est votre cadre de travail (établissement médical, domicile du bénéficiaire…) ?

En ce qui me concerne, je travaille en structure médicale. J’interviens beaucoup dans le secteur de la cancérologie. Il m’est aussi arrivé de travailler en maison de jour, auprès d’un public âgé atteint de la maladie d’Alzheimer. Nous sommes donc susceptibles de travailler dans différents établissements, qu’ils soient médicaux ou sociaux. J’ai aussi des collègues qui travaillent au domicile des bénéficiaires, c’est d’ailleurs une pratique qui tend à se développer. De façon générale, notre cadre de travail est très varié, nous intervenons aussi bien dans les hôpitaux que dans les prisons pour femmes, les maisons de retraite, les EPHAD, etc.

7. Comment arrivez-vous à vous faire connaître ?

Notre centre de formation, le CODES, travaille beaucoup pour faire connaître notre métier. Ainsi, il organise de nombreuses manifestations visant à mettre en avant et présenter le métier de socio-esthéticienne. Il existe d’ailleurs un congrès sur le socio-esthétisme qui a lieu chaque année. Nous nous faisons aussi connaitre grâce au bouche-à-oreille et à notre esprit d’initiative. En effet, nous contactons les structures susceptibles d’être intéressées par nos services et leur faisons découvrir les différentes facettes de notre métier.

8. Quel est le prix moyen d’une séance de socio-esthétisme ?

Lorsque nos services sont dispensés en structure d’accueil, la prestation est totalement gratuite pour le bénéficiaire, car notre action est considérée comme un soin de support[1] au même titre que les masseurs ou les diététiciens. En ce qui concerne les prestations à domicile, la tarification est aléatoire elle dépend de la région, du type de service, du temps de prestation etc. Cependant, la majorité des socio-esthéticien(ne)s travaille en structure et le bénéficiaire n’a donc rien à dépenser.

[1] Les soins de support représentent l’ensemble des moyens mis en œuvre autour d’une personne atteinte d’une maladie chronique, ou en fin de vie dans le cadre des soins palliatifs. Ils permettent de fournir une approche pluri-disciplinaire et pluri-professionnelle à la personne ou à sa famille élargie dans le processus d’évolution de sa maladie. Source : Wikipedia

 

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