« Les jardins thérapeutiques » : de quoi s’agit-il vraiment ?

Qu'est ce que « les jardins thérapeutiques » ?

logo-siel-bleuLe jardin thérapeutique : une approche non médicamenteuse novatrice dans le soin des troubles cognitifs et physiques !

Offrir des repères, favoriser la marche, attiser la curiosité de chacun sont autant d’objectifs que permet d’atteindre un jardin thérapeutique. En effet, l’idée essentielle de ces jardins est de favoriser la stimulation globale de l’individu par l’aménagement d’espaces adaptés. 

Quel jardin thérapeutique, et pour qui ?

Le jardin thérapeutique : un lieu de vie avant tout !

Le jardin thérapeutique est un lieu de vie propice à l’évocation d’évènements passés, au réveil des sens et au travail de la terre. Il permet de retrouver des repères au rythme des saisons.

C’est aussi un lieu de convivialité, les activités partagées et l’intergénération y prennent tout leur sens. Ainsi, il est essentiel de concevoir des espaces ressentis comme des espaces à vivre aménagés en fonction du public visé et des objectifs définis. Ces espaces doivent permettre d’accroître l’attractivité du jardin et/ou du lieu de vie. Il s’agit, enfin, de proposer des supports variés, des stimuli sensoriels, des repères dans l’espace et dans le temps (cycle de la vie, les saisonnalités), disposés en évènements successifs afin de créer une attractivité.

A qui s’adressent les jardins thérapeutiques ?

Le jardin thérapeutique est particulièrement conseillé pour les personnes atteintes d’affections neurologiques telles que Parkinson, Alzheimer, sclérose en plaques et pour les personnes désorientées (troubles cognitifs). En effet, le jardin thérapeutique favorise la marche, la stimulation au travers des sens et le renforcement de la mémoire du mouvement et des mots, on parle alors de travail de réminiscence(1)  et reviviscence(2).

Pour les personnes souffrant de maladies chroniques, pour lesquelles une démarche en éducation thérapeutique est engagée, le jardin thérapeutique est un lieu d’observation pour comprendre et accompagner vers une dynamique motivationnelle.

Pour quelles raisons le jardin thérapeutique constitue-t-il un vrai « plus » pour les patients ?

Parce que l’observation des troubles de la marche permet de constater que les diverses stratégies déficientes (freezing(3), évitement, désadaptation psychomotrice) disparaissent lors de l’évolution sur un parcours aménagé.

Parce que le jardin thérapeutique est conçu pour permettre la stimulation visuelle, le renforcement de la proprioception et la consolidation des conduites motrices.

Parce que le jardin thérapeutique permet de provoquer des comportements moteurs ainsi que des réactions psychoaffectives induisant une stimulation globale des patients.

Comment peut-on allier jardin thérapeutique et activité physique adaptée ?

Nous avons en premier lieu souligné l’impact cognitif du jardin thérapeutique. Mais l’explorer comme outil de stimulation globale, c’est aussi réfléchir à l’impact moteur et psychoaffectif.

Le jardin est, par définition un lieu de promenade, d’activités, de travail. N’oublions pas que ces activités de la vie quotidienne (marche, jardinage, arrosage, cueillette) sont des activités physiques.

Le jardin thérapeutique peut devenir un lieu de stimulation motrice, de renforcement de la marche et des capacités cardio-respiratoires si on l’aménage dans ce but.

Les activités motrices y sont provoquées au travers de parcours matérialisés qui apportent une stimulation visuelle, initient le déplacement et donnent un sens à la déambulation.
Chez le Parkinsonien par exemple, les parcours induisent l’initiation du pas, la pose consciente des pieds et favorisent l’allongement du pas (aller chercher un repère sur le sol avec le talon).

Dans le cadre de la prévention des troubles de l’équilibre et de la chute, ils consolident les acquis par un travail sur les transferts d’appuis, un renforcement proprioceptif (travail du pied et de la cheville) sur différentes textures avec des dénivelés et des reliefs : pelouse, graviers, terre, goudrons, … (à limiter si déambulation non accompagnée) ; ou encore un travail de franchissement (ne sera réalisé qu’à l’occasion d’une séance guidée).
Pour les malades chroniques (diabète, obésité, cancer), des boucles de marche, des parcours balisés permettent la pratique d’une activité d’endurance, en fractionné, ou sous forme de circuit training.

[1] réminiscence : bas latin reminiscentia, du latin classique reminisci, se souvenir : Retour à la conscience claire de souvenirs non accompagnés de reconnaissance. Dictionnaire Larousse http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/r%C3%A9miniscence/68007

A lire :  Reminiscence therapy for dementia (Cochrane Review) Spector A, Orrell M, Davies S,Woods. In: The Cochrane Library, Issue       2, 2002.Oxford: Update Software.   <

[2] reviviscence : (bas latin reviviscentia, du latin classique reviviscere, revivre) : Réapparition d’états de conscience déjà éprouvés. Dictionnaire Larousse. http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/reviviscence/69148

[3] freezing : il s’agit d’une technique de marche précautionneuse dans laquelle on recherche l’augmenter le temps de double appui, refusant les phases d’appui unipodal. Augmentation exponentielle de la cadence, diminution de la longueur des cycles et de la vitesse, augmentation de la variabilité de la longueur des cycles.

Article rédigé par Siel Bleu

Siel Bleu est un groupe associatif créé en 1997. Il utilise l’Activité Physique Adaptée avec pour objectifs la prévention santé et le bien‐être des individus. Siel Bleu œuvre pour favoriser un maintien à domicile réussi et permettre à tous ceux qui le souhaitent de rester dans leur domicile le plus longtemps possible dans les meilleures conditions possibles.
Aujourd’hui, Siel Bleu a une présence nationale et compte 270 intervenants issus de la formation universitaire Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives (STAPS – Fac des Sports) qui accompagnent 70 000 bénéficiaires. L’un des grands principes régissant les activités du Groupe Associatif est l’accessibilité financière de tous aux activités.

 

Le sujet vous intéresse ? Découvrez également :

TERRAform : des jardins adaptés pour personnes à mobilité réduite, une belle initiative !

Préserver sa santé en pratiquant une activité physique

Partagez sur :

Il y a 5 commentaires concernant “« Les jardins thérapeutiques » : de quoi s’agit-il vraiment ?

  1. Merci pour vos infos! Cela donne des idées et encourage.

  2. Le jardin en maison de retraite, pour le maintien à domicile, le jardin de soin interroge quand à ses différentes pratiques: jardinage d’animation, jardinage adapté, jardin thérapeutique, pratique d’hortithérapie ? Comment s’y reconnaître dans ces différentes pratiques et surtout comment construire un projet durable ? La formation est là pour répondre aux différents professionnels qui pourront acquérir tous les éléments essentiels à la concrétisation de leur projet.
    N’hésitez pas à visiter les pages
    http://hortitherapie.avenir.over-blog.com

  3. Bonjour,
    Je viens de prendre connaissance de vos activités pour les personnes qui ont la possibilité de vivre à leur domicile.Belle initiative.
    Notre ASSOCIATION accueille des personnes de tous âges, y compris des personnes âgées.

    Notre objectif depuis 1983, est d’accompagner, écouter, réconforter, détendre, pour prolonger
    la VIE dans la joie.

    De partager avec vous notre expérience, nous serait agréable, dans un but d’entraide, de
    solidarité. En tant que citoyen, citoyenne, nous avons le devoir, d’aider l’autre pour une
    société plus heureuse.Bien cordialement Mme R. BAHU

  4. Bonjour Rachel,

    Nous vous remercions pour l’intérêt que vous portez à notre blog. N’hésitez pas à nous contacter via notre formulaire de contact afin de pouvoir échanger avec nous.

    A bientôt sur le blog !

Ajouter un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>